Après une longue période de confinement, nous avions besoin de nous évader et de dégourdir nos jambes. Nous avons donc pris la route du Lot pour découvrir la vallée du Célé. Loin du tourisme de masse auquel le Périgord noir a cédé, nous avons traversé en van une région qui ne manque pas d’atouts : des paysages époustouflants, un riche patrimoine historique, de nombreuses plages de galets sur les bords de la rivière, des restaurants qui revisitent la gastronomie locale de manière innovante et à un prix accessible, des spots paisibles pour passer la nuit en van… La vallée du Célé saura séduire les flâneurs comme les sportifs.

Cabrerets : Pech Merle
Corn : salle des fêtes

Aire de services de Cabrerets
Salle des fêtes de Corn

"La roue" à Cabrerets
"L'Assierois" à Assier

Laverie automatique du Proxi Super à Livernon

1. La majestueuse cité de Saint-Cirq-Lapopie

La source du Célé se trouve dans le Cantal et il rejoint le Lot à quelques kilomètres de Saint-Cirq-Lapopie. Cette cité médiévale, perchée sur une falaise, attire de nombreux visiteurs. Sa renommée est d’autant plus grande qu’elle fait partie des Plus Beaux Villages de France, qui rappelons-le est un label associatif mais sélectif.

Saint-Cirq-Lapopie

La cité médiévale de Saint-Cirq-Lapopie domine le Lot

Au bord du Lot, un vaste parking est dédié aux camping-cars et aux fourgons aménagés. On commence ensuite l’ascension vers le village en suivant un chemin ombragé. Nous ne le savions pas encore mais le choix de se garer en bas est judicieux car, lorsque la visite du village est terminée, nos jambes fatiguées sont heureuses de regagner le véhicule en descendant !

Le village s’étire dans la longueur mais il ne faut pas hésiter à emprunter les ruelles adjacentes à la rue principale. Elles regorgent de magnifiques maisons qui datent pour la plupart du XIIIe au XVIe siècle. En déambulant, on pourra observer de nombreuses échoppes médiévales qui témoignent d’un riche passé artisanal. On tombera également sur la maison dans laquelle l’écrivain surréaliste André Breton a passé les dernières années de sa vie. Enfin, lorsque vous serez parvenu en haut de la côte, vous découvrirez les ruines du château.

2. Cabrerets : la grotte du Pech Merle

Au début du XXe siècle, la vie paisible du village de Cabrerets, sur les bords du Célé, a été bouleversée par la découverte d’une grotte qui abrite des peintures et des gravures réalisées par Cro-Magnon au Paléotlithique supérieur.

Une grotte surprenante

Bien qu’elle soit moins connue que Lascaux, la grotte du Pech Merle mérite amplement qu’on s’y arrête. Tout d’abord, vous ne visiterez pas un fac-similé mais la vraie grotte. Prévoyez donc une petite laine car il fait une température constante de 12°C. Cette grotte est incontournable car elle allie beauté géologique et art pariétal. Plus de 70 animaux sont peints en rouge et en noir. Mais vous ferez également des découvertes surprenantes : par exemple on peut voir une racine de chêne traverser la grotte de haut en bas ou des billes créées naturellement par pétrification.

La grotte du Pech Merle, comme les autres, ne servait pas d’habitat à Cro-Magnon. Elle avait vraisemblablement une dimension sacrée ou religieuse. On y trouve les traces de plusieurs pratiques artistiques. Bien sûr, les parois sont ornées de peintures mais aussi de gravures, dont une particulièrement intéressante qui pourrait représenter le chaos et qui a été réalisée avec deux doigts enfoncés dans le calcaire mou du plafond de la grotte. Mais la musique est aussi présente : des concrétions impressionnantes en forme de disques ont vraisemblablement servi de lithophones. Par ailleurs, le visiteur pourra découvrir avec émotion des empreintes de pas d’un enfant Cro-magnon. La disposition de celles-ci laissent envisager l’hypothèse que des cérémonies mêlant danse et musique étaient organisées dans la grotte au Paléolithique !

Même si son musée est vieillissant, la grotte du Pech Merle nous a laissé ébahis. Ce lieu mériterait vraiment d’être davantage valorisé.

Un spot idéal pour dormir en van

Nous avons passé trois nuits sur le parking de la grotte du Pech Merle, dont deux où nous étions seuls. Nous avons donc été très tranquilles ! Pour être certain d’avoir une place à plat, nous vous conseillons cependant d’arriver entre 18h30 et 19h, lorsque les derniers visiteurs s’en vont et que le lieu se vide. Vous ne dérangerez personne car les premiers visiteurs arrivent le matin entre 8h30 et 9h. En outre, vous pourrez profiter du lavabo des toilettes extérieures du musée pour remplir votre gourde avant de partir explorer la vallée.

L’autre avantage de ce spot est qu’on peut se rendre en un quart d’heure à pied au village de Cabrerets en empruntant un sentier, à condition bien sûr de ne pas avoir peur des côtes ! Au village, vous trouverez une boulangerie. Le pain et les viennoiseries y sont excellents ! On a ainsi pu se faire des petits déjeuners consistants…

Devant le camping municipal, à la sortie du village, la Mairie met une aire de services à disposition des fourgonautes et camping-caristes. Vous pourrez vidanger vos eaux grises et noires mais aussi remplir votre cuve gratuitement. On se sent vraiment bien accueilli à Cabrerets. D’autres communes devraient s’en inspirer au lieu de nous chasser. D’ailleurs, c’est finalement le seul village où nous avons dépensé de l’argent en allant dans les différents commerces.

Enfin, en séjournant à Cabrerets, vous pourrez aussi profiter de la grande plage de galets.

Halte rafraîchissante sur la plage de Cabrerets. Les plus courageux pourront même se baigner !

La roue : un restaurant à ne pas manquer !

Au centre du village se trouve un restaurant que nous vous recommandons vivement : il s’agit de « La roue ». L’équipe est jeune, dynamique et innovante. Mêlant gastronomie du sud-ouest et des pointes de saveurs asiatiques, la carte est renouvelée chaque mois et inclut des plats végétariens. Les produits proposés sont frais et de qualité.

Par ailleurs, la terrasse est spacieuse et les chiens y sont les bienvenus.

Les propriétaires et leur équipe sont souriants et n’hésitent pas à prendre le temps de discuter avec vous. D’ailleurs l’ambiance est conviviale jusque dans la musique et les éclairages.

3. Sauliac-sur-Célé et Brengues : découvrir la vallée du Célé en randonnées

Entre le causse, les falaises et sa rivière, la vallée du Célé offre une variété de paysages qui invite à la randonnée. Nous avons donc chaussé deux fois nos grosses chaussures, bravant la chaleur estivale et caniculaire. Comme Fermín doit faire plus attention depuis son opération des ligaments croisés, les circuits que nous avons choisis sont simples et accessibles aux enfants.

Sauliac-sur-Célé : le chemin de Pierre Levée

Le Chemin de Pierre Levée vous conduit sur les hauteurs de la falaise de Sauliac-sur-Célé jusqu’à un petit dolmen.

Il y a un parking dans le bourg près de la mairie et le départ de la randonnée est signalé juste à côté. Le sentier est bien balisé jusqu’au bout : nous ne nous sommes pas perdus, ce qui est exceptionnel ! Dans un premier temps, cela grimpe beaucoup mais on finit par arriver sur le plateau et la promenade devient moins sportive et plus contemplative.

Le sentier est ombragé et la plupart du temps bordé de murets envahis de mousse. Cela donne l’impression d’évoluer dans un univers fantastique, proche de celui de Tolkien.

Le circuit fait une boucle et on longe la falaise pour rejoindre le village, après une promenade d’environ 1h30.

Brengues : le sentier des Anglais

À Brengues, un circuit de randonnée vous conduit jusqu’à un château des Anglais puis à une fontaine qui ravitaillait autrefois le village en eau potable.

Les Châteaux des Anglais sont des fortifications accrochées aux falaises des vallées du Lot et du Célé. La population s’y réfugiait pendant la guerre de Cent Ans. Celui de Brengues servit également de prison pour les catholiques enlevés par les habitants protestants du village pendant les guerres de religion du XVIe siècle.

Le départ de la randonnée se trouve devant l’église et le circuit est ensuite assez bien balisé… On a tout de même réussi à s’égarer quelques instants ! On grimpe d’abord jusqu’à un sentier qui longe la falaise du Célé, d’ailleurs ce chemin est aussi appelé « sentier des falaises ». On passe sous le château des Anglais puis on arrive sur le causse et le chemin s’élargit pour traverser la campagne entre de magnifiques prairies. Enfin on arrive à la fontaine. En vous penchant, vous pourrez peut-être y apercevoir des poissons !

4. L’abbaye Saint-Pierre de Marcilhac-sur-Célé

Le village Marcilhac-sur-Célé abrite les somptueuses ruines d’une église romane. Dès sa construction au XIIe siècle, elle accueillit les pèlerins du chemin de Saint-Jacques. Mais ces ruines témoignent des violents affrontements qui eurent lieu dans la région. L’église fut en effet incendiée deux fois, par les Anglais pendant la guerre de Cent Ans puis par les protestants durant les guerres de religion.

5. Espagnac-Sainte-Eulalie et Corn

Nous avons été déçus par le village d’Espagnac. Nous avions vu que ce village faisait partie des points d’intérêt de la vallée du Célé, notamment pour son prieuré dont le clocher est si atypique. D’ailleurs, le village accueille encore aujourd’hui de nombreux pèlerins dans son gîte d’étape communal.

Finalement, on aura trouvé très mignon ce clocher en forme de tour de garde. On aura également apprécié la jolie petite plage de galets. Et c’est tout. En revanche, on ne se sera pas senti les bienvenus avec notre van. En effet, ce n’est qu’après avoir traversé le pont et être entré dans le village qu’on découvre sur la gauche un petit parking avec une barre de hauteur et une entrée à 180°… Difficile de manœuvrer avec le van dans une rue si étroite. On découvre alors une affiche qui nous informe qu’il y a 200m avant le village un autre parking… Le jour où nous y sommes allés, il était vide… On le comprend aisément puisqu’il n’est pas signalé. Finalement, nous avons réussi à faire demi-tour sur la petite place du village, non sans gêner la circulation et les touristes.

En arrivant au village suivant, le contraste est saisissant. À l’entrée du village de Corn se trouve la salle des fêtes. La mairie y met à disposition des voyageurs des toilettes et un robinet extérieur. Nous avons d’ailleurs décidé d’y passer la nuit.

De l’autre côté de la rivière se trouvent un autre spot et une sympathique plage de galets. Par endroits, l’eau est suffisamment profonde pour pouvoir nager.

Plage de Corn

La vallée du Célé regorge de plages. Beaucoup d’entre elles sont signalées depuis la route.

Le village est organisé autour de sa fontaine lavoir et l’eau semble ruisseler partout entre les maisons. On trouve de nombreux espaces de détente et des tables de pique-nique pour les visiteurs. On se sent tout simplement bien à Corn.

Notre seul regret fut de ne pas pouvoir aller au restaurant de l’auberge du village car les chiens n’y étaient pas acceptés, même en terrasse…

6. Le château d’Assier

En quittant la vallée du Célé, nous nous sommes arrêtés dans le village d’Assier pour visiter son château Renaissance. Ou du moins ce qu’il en reste car seule une aile subsiste encore aujourd’hui. En effet, en 1768, le château fut livré aux démolisseurs qui récupérèrent les matériaux et les dispersèrent.

Le château d’Assier a été bâti au début du XVIe siècle pour Jacques Ricard Gordon, dit « Galiot ». Ce petit noble du Quercy a fait fortune grâce à ses talents sur les champs de bataille.

Dans le château, on ne verra pas de mobilier mais on découvrira les nombreuses frises qui ornaient autrefois les façades du château. Elles ont été retrouvées et rassemblées pour former une belle collection. On identifiera principalement des motifs militaires, mais aussi mythologiques.

En sortant du château, nous avons également visité l’église monumentale du village. Elle fut aussi bâtie par Galiot qui considérait qu’elle devait glorifier ses faits d’armes puisqu’elle renfermerait son tombeau ! On ne trouvera donc aucun élément religieux sur la frise extérieure qui fait le tour de l’église. Là encore, les motifs choisis évoquent la guerre. C’est plutôt surprenant sur une église ! À l’intérieur, la voûte étoilée de la chapelle funéraire est très originale, et même presque unique en Europe puisqu’on en trouve qu’un seul autre exemple, à Valence en Espagne.

L’Assierois : dernière pause gastronomique du voyage

Avant de quitter le Lot, nous avons décidé de nous offrir une dernière pause gastronomique. En face de l’église d’Assier, se trouve un excellent restaurant qui accepte les chiens en terrasse. L’accueil est chaleureux. La propriétaire, qui assure le service, est particulièrement souriante et attentive à ses clients. Elle discute facilement et sa bonne humeur est communicative.

Par ailleurs, les plats servis sont élaborés, créatifs et revisitent la gastronomie locale. La cuisson de la viande est particulièrement maîtrisée et on est surpris de sentir la viande fondre en bouche ! Chaque assiette renferme une multitude de saveurs qui s’allient parfaitement. On n’a qu’une envie à la fin : revenir dans le Lot !

  • Grotte du Pech Merle
  • Baignade et plages de galets
  • Absence de tourisme de masse
  • Absence de stations-services
  • Absence de banques
  • Difficulté pour se garer à l’ombre

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Mathieu et Samuel

Auteur Mathieu et Samuel

Nous sommes un couple gay, fusionnel, uni par l’amour, par notre goût pour la culture et par nos indignations communes. Libertaires et écologistes, nous sommes attachés à défendre un monde plus juste, plus humain et plus respectueux du vivant. Notre nouveau défi : devenir digital nomads et parcourir les routes d’Europe en van aménagé !

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