Lorsque nous annonçons aux gens que nous avons principalement un régime végétarien, les réactions sont diverses. Les uns prennent un air peiné, les autres sont affolés, dubitatifs, hilares, sur la défensive… Nous évitons d’ailleurs de parler de nos choix alimentaires et lorsque nous le faisons c’est toujours avec une pudeur qui ne reflète pas l’importance de cet engagement à nos yeux. Nous avons bien conscience, en effet, que le végétarisme nourrit de nombreux préjugés et des idées reçues. Nous-mêmes, avant de nous pencher sur la question, nous en avions quelques-uns. Essayons donc d’y voir plus clair !

1. Les végétariens ne mangent que des légumes et de la salade.

« Ça doit être difficile et triste de ne manger que des légumes… »

C’est la remarque qu’on entend le plus… Et la réponse est bien entendu : non ! Non, ce n’est ni difficile ni triste parce que, pour commencer, les végétariens ne mangent pas que des légumes !

Nous avons de nombreuses manières d’égayer nos papilles et nos assiettes !

En effet, nous mangeons également des fruits et des céréales. Mais aussi des champignons, des épices, des produits laitiers (lait, beurre, crème fraîche, yaourts, fromages…), des œufs et du miel ! Nous sommes même plutôt accros au chocolat noir pour Samuel et à la pâte à tartiner pour Mathieu !

D’ailleurs, le végétarisme n’est pas synonyme d’une alimentation équilibrée. Il est tout à fait possible de manger des pizzas, des fritures, des burgers et des pâtisseries…

En fait, il ne faut pas confondre les végétariens avec les végétaliens qui ne mangent aucun produit issu des animaux, ou bien encore avec les vegans qui eux refusent de consommer tout produit issu des animaux, y compris le miel, le cuir et la laine.

2. C’est compliqué d’inviter des végétariens à dîner.

Et vous n’imaginez pas à quel point c’est compliqué maintenant pour nous de préparer un repas à des omnivores ! Alors, on le comprend bien et lorsque nous sommes invités quelque part on se tait et on mange ce qu’on nous sert.

Mais en réalité, ce n’est pas si difficile de servir un repas végétarien. En entrée, on peut préparer des crudités (carottes, concombres, tomates…) en salade ou à tremper dans des sauces. On peut aussi servir une soupe, du houmous ou du guacamole. Pour le plat principal, il faut simplement associer différentes familles d’aliments : les légumes, les céréales, les haricots secs, les pois cassés, les noix, le fromage… En fait, il suffit souvent de retirer la viande de la recette originale. Pour le dessert, rien de plus simple : tout est permis ! Ou presque, car on évitera la gélatine qui est généralement constituée de matières porcines. Mais on pourra facilement la remplacer par l’agar-agar, qui est extrait d’une algue.

La plupart du temps, nos hôtes ignorent notre végétarisme, souvent à notre demande d’ailleurs. En effet, l’essentiel n’est pas dans l’assiette mais dans la convivialité et le partage. Et souvent, même s’il y a de la viande, on tend avec plaisir notre assiette pour finir le plat ! Nous ne sommes pas de mauvaise foi et nous reconnaissons volontiers que certaines viandes sont délicieuses.

3. Le goût de la viande doit manquer aux végétariens.

On vous l’a dit, nous ne sommes pas des intégristes et nous mangeons encore parfois de la viande : en famille, chez des amis, au restaurant et parfois même à la maison. Mais cela reste exceptionnel.

Toutefois, certains végétariens suivent leur régime de manière très stricte. Nous ne pensons pas que la viande leur manque car, pour notre part, lorsque nous mangeons de la viande c’est par gourmandise ou courtoisie, mais jamais parce que nous sommes en manque ! En fait, si l’occasion ne se présente pas, nous n’y pensons même pas !

Ça ne veut pas dire que la viande nous répugne, mais simplement que nous pouvons nous en passer.

Nous sommes d’ailleurs devenus végétariens parce que nous sommes persuadés que manger de la viande à tous les repas relève de l’excès. L’élevage des animaux destinés à la consommation humaine impacte beaucoup l’environnement et le climat… Et puis, nous ne voulions plus cautionner des méthodes d’élevage qui tiennent souvent peu compte de la souffrance animale. Enfin, nous avons eu à tuer nous-mêmes des poules que nous avions à la maison car elles étaient trop nombreuses. Cela fut très difficile et même un peu traumatisant. Nous avons alors pris conscience qu’il était facile d’aller au supermarché remplir son panier de viande quand on laissait à d’autres le soin d’abattre les animaux.

Chacun de nous a d’ailleurs pu expérimenter ce lien que l’homme peut avoir avec les autres animaux. C’est dû à notre état de mammifère et à notre cerveau mammalien qui gère notamment notre sens de l’empathie, comme chez tous les autres mammifères.

4. Être végétarien, ça coûte cher.

Il est certain que nous achetons dorénavant de nombreux aliments qui n’avaient jamais fréquenté notre réfrigérateur avant !

Mais en réalité nous ne dépensons pas plus d’argent quand nous faisons les courses. Notre budget alloué à l’alimentation est même resté stable. Nous achetons plus de légumes et de fromage mais le fait de ne plus acheter de viande compense amplement ces dépenses supplémentaires. En fait, devenir végétariens nous a même permis de pouvoir faire nos courses uniquement dans des épiceries ou supermarchés bio.

Donc voilà une raison de plus de devenir végétarien : c’est économique !

5. Le végétarisme est mauvais pour la santé.

Aux dernières nouvelles, tout va bien pour nous. Nous ne sommes ni en meilleure ni en moins bonne santé qu’avant…

Il semblerait même que plusieurs études ont conclus que le végétarisme réduirait les risques de maladies cardio-vasculaires, de cancers et de diabètes… Peut-être est-ce en réalité juste dû au fait que les végétariens surveillent ce qu’ils mangent… Aïe, nous sommes tombés dans le piège des clichés !

6. Les végétariens risquent des carences en protéines et en vitamine B12.

Non, et non !

Pour avoir toutes les protéines nécessaires, il suffit à un végétarien de manger dans la même journée des céréales, des légumes et des légumineuses (pois, haricots secs et lentilles). Franchement, ce n’est pas très compliqué !

Pour ce qui est de la vitamine B12, il est vrai que les végétaliens doivent en consommer sous forme de compléments alimentaires. Mais ce n’est pas le cas des végétariens qui en trouvent dans les produits laitiers. Pour les autres vitamines, il faut consommer des noix, des fruits et des huiles variées.

Le végétarisme est en fait très proche du régime méditerranéen, sauf qu’il exclut les poissons et fruits de mer. Si ces deux régimes sont bons pour la santé, c’est qu’ils s’appuient sur une alimentation variée et équilibrée !

7. L’homme est un omnivore ! Pourquoi contredire la nature ?

L’argument de la nature… Comme si toute la journée l’homme moderne n’avait que des comportements naturels…

Bref, passons…

Apparemment, mais nous ne sommes pas des biologistes, il semblerait que notre dentition indique que nous sommes en réalité des frugivores. Il n’y qu’à regarder les canines de Fermín pour se rendre compte que les nôtres sont ridicules.

Notons d’ailleurs que nos plus proches cousins, les chimpanzés, ont une alimentation frugivore à 60 %, herbivore à 20 % et carnivore à seulement 20 %. Ils mangent principalement des insectes et des œufs, et parfois de petits mammifères.

La longueur de notre colon indiquerait aussi que nous ne devrions pas manger trop de viande… Et c’est sur cette dernière information qu’on vous laissera méditer…

On en parle dans les commentaires ?

Que pensez-vous du végétarisme ? Êtes-vous prêts, vous aussi, à vous passer de la viande ?

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Mathieu et Samuel

Auteur Mathieu et Samuel

Nous sommes un couple gay, fusionnel, uni par l’amour, par notre goût pour la culture et par nos indignations communes. Libertaires et écologistes, nous sommes attachés à défendre un monde plus juste, plus humain et plus respectueux du vivant. Notre nouveau défi : devenir digital nomads et parcourir les routes d’Europe en van aménagé !

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