Visuel Pinterest Périgord noirChaque année, de nombreux touristes se rendent dans le Périgord noir pour découvrir les vallées de la Dordogne et de la Vézère. La région a su valoriser son patrimoine naturel et historique : châteaux, cités médiévales, grottes préhistoriques, musées, gastronomie du sud-ouest… Il y a tant à découvrir que le visiteur est obligé de faire des choix mais il sera difficile d’échapper au grouillement des vacanciers. À moins que vous ne fassiez le choix audacieux de visiter le Périgord noir en hiver ! C’est ce que nous avons tenté de faire pendant les 3 jours de congés dont nous disposions. Bien sûr, il a fallu composer avec le fait que de nombreux sites ferment leurs portes en dehors de la saison touristique. On comprendra par exemple que la montée des eaux condamne l’accès à la plupart des grottes d’intérêt géologique. Il faudra aussi se contenter des quelques restaurants qui restent ouverts en période hivernale. Mais cela sera largement compensé par le fait de pouvoir profiter de lieux exceptionnels sans avoir à se frayer un chemin dans la foule ! Alors, que faire en 3 jours dans le Périgord noir pendant l’hiver ? Voici nos suggestions…

Pour rejoindre le Périgord noir, nous avons emprunté l’A20 et nous en avons profité pour faire un tour dans les causses du Quercy. Cette région du Lot est magnifique, même en hiver. Nous avons suivi un itinéraire très agréable qui nous a permis de traverser de charmants villages et nous vous recommandons vraiment de prendre le temps d’y faire une halte.

Nous avons donc quitté l’autoroute pour rejoindre Turenne, en Corrèze. Puis, nous sommes partis en direction des Quatre-Routes-du-Lot et nous avons ensuite traversé Saint-Denis-lès-Martel.

À partir de là, nous avons suivi la Dordogne et découvert les villages de Creysse et de Saint-Sozy. Puis nous avons marqué une brève pause à Rocamadour en passant par Rouffignac. Enfin, en pasant par Pinsac, nous sommes arrivés dans le Périgord à Carlux où nous avons passé la nuit.

Dormir en van au bord de la Dordogne

Lorsqu’on voyage en van, on recherche les lieux les plus agréables pour passer la nuit. En ce qui nous concerne, nous apprécions particulièrement les points d’eau : océan, lacs, rivières…

Il y a plusieurs endroits où passer la nuit au bord de la Dordogne aux alentours de Carlux. Pour les repérer, il suffit de se promener le long de la voie verte, une promenade qui suit le fleuve et qui est réservée aux cyclistes et aux piétons.

Clairement, l’hiver n’est pas le moment de l’année le plus agréable pour dormir au bord d’un fleuve. Outre l’humidité, bien sûr, les rives sont boueuses… Nous avons tout de même trouvé un endroit où poser Félix, notre van. Nous étions à l’écart des habitations et deux cygnes nous ont tenu compagnie.

Si vous prévoyez de dormir en bord de Dordogne, assurez-vous que le lieu est sécurisé. Les barrages d’EDF libère en effet sans prévenir d’importantes quantités d’eau qui font soudainement monter le niveau du fleuve. Ces vagues sont dangereuses et des panneaux le signalent d’ailleurs un peu partout aux abords du cours d’eau.

La bastide de Domme

Porte des Tours de Domme

Porte des Tours : l’entrée principale du village fortifié date du XIIIième siècle.

Après une nuit reposante, nous avons commencé notre visite du Périgord noir à Domme, une bastide fondée en 1281 au bord de la Dordogne par Philippe III. Cette cité a été un lieu important du commerce local. Elle avait d’ailleurs le privilège de battre sa propre monnaie.

Au XIVième siècle, elle fut choisie pour emprisonner 70 Templiers. Par ailleurs, elle devint plusieurs fois anglaise pendant la Guerre de 100 ans.

Cette histoire trépidante est encore perceptible quand on déambule dans les rues. Les murs de pierres jaunes imposent leur histoire au visiteur qui ne peut que se sentir humble. L’ambiance était impressionnante, d’autant plus que nous avons découvert la cité alors qu’elle était plongée dans une brume saisissante. Peu à peu, le brouillard s’est levé, percé par les rayons du soleil qui vinrent réchauffer et raviver les murs des maisons.

La surprenante Roque-Gageac

Rue de La Roque-Gageac

La Roque-Gageac bénéficie d’un microclimat méditerranéen très surprenant.

Au bord de la Dordogne, adossé à une falaise de calcaire, le village de La Roque-Gageac séduit instantanément le visiteur. C’est un incontournable des séjours touristiques en Périgord noir et nous ne pouvions pas passer à côté sans nous arrêter !

Nous avons donc profité de son micro-climat méditerranéen qui permet aux plantes exotiques de s’épanouir et, l’espace d’un instant, nous nous sommes crus en été ! Nous avons pris le temps de flâner dans ses rues et d’admirer ses jolies maisons aux toits de tuiles et de lauzes.

La forteresse de Beynac-et-Cazenac

Village de Beynac-et-Cazenac

Le Château de Beynac domine la Dordogne depuis le moyen âge.

Dernière étape de notre virée médiévale au fil de la Dordogne : le village de Beynac-et-Cazenac. Encore un petit bijou dominé par une impressionnante forteresse médiévale.

Les journées sont courtes en hiver et le soleil commence déjà à décroître. Mais nous nous lançons tout de même à l’assaut du château. On imagine la peine des véritables assaillants au moyen âge car, à Beynac, ça grimpe ! Et nous étions tout de même un peu essoufflés en arrivant au pied du château, pourtant nous n’avions ni cottes de mailles ni armures !

Fermín, quant à lui, est monté en courant, s’impatientant de notre lenteur. Mais il faut prendre le temps d’apprécier le charme authentique de ce village.

Nous fûmes cependant déçus, après tant d’efforts, de ne pas pouvoir visiter le château qui était fermé…

Jour 2 : Visiter Lascaux IV et Montignac

Le lendemain, la pluie s’est invitée… Nous avons donc décidé de visiter le fac-similé de Lascaux IV à Montignac. Les chiens n’y sont pas admis. Fermín a donc dû passer une partie de la journée à nous attendre dans le van.

Montignac : bons plans et pièges à touristes

Nous avons commencé par flâner dans Montignac. Malgré la pluie, nous avons été séduits par cette petite ville au charme périgourdin.

Si vous êtes amateurs de foie gras et de produits fermiers issus de l’élevage des canards (rillettes, gésiers, cuisses confites, saucissons), nous vous recommandons de faire vos achats chez Catinel. Et si vous n’avez pas prévu de vous rendre dans le Périgord noir, vous pouvez passer commande directement sur leur site web. Même si nous ne mangeons que rarement de la viande, nous nous sommes laissés tenter et il faut reconnaître que nous n’avons pas été déçus.

Au cours de notre séjour dans le Périgord, nous avons constaté qu’il était difficile en hiver de trouver des aires de service pour camping-cars. La plupart était fermée. Et c’est finalement à l’Intermarché de Montignac que nous avons pu vidanger et remplir nos cuves gratuitement.

Nous avions aussi envie de goûter à la gastronomie locale. Malheureusement, peu de restaurants étaient ouverts et le choix était restreint.

Nous avons donc déjeuné dans ce qui semblait être une petite brasserie familiale. En réalité, il y avait surtout des touristes. Nous avons attendu presque une heure notre plat que nous avons avalé rapidement car nous ne voulions pas être en retard pour la visite de Lascaux IV. Nous avons d’ailleurs dû renoncer à la salade par manque de temps mais elle nous a quand même était facturée… C’était cher. C’était bon, sans plus, et même un peu gras. Bref, l’arnaque à touristes…

Lascaux IV : le musée de la controverse

Musée de Lascaux IV

Lascaux IV, le musée qui allie technologie et préhistoire.

Nous n’avons pas eu à patienter à Lascaux IV car on nous a annoncé qu’il y avait plus de visites que celles indiquées sur le site web. 10 minutes après notre arrivée, la nôtre commençait et nous rejoignions un groupe d’une trentaine de personnes. On nous a distribué un casque qui permettait d’entendre notre guide.

Le début de la visite est immersif. Les casques permettent de diffuser des sons qui illustrent le discours de la guide. Après nous avoir montré ce qu’était la vallée de la Vézère à l’époque de Cro-magnon, on nous conduit dans le fac-similé pour une visite d’une trentaine de minutes.

On peut ensuite prendre le temps de visiter le musée en compagnie d’une tablette qui nous géolocalise et nous distribue de brèves informations au gré de nos déambulations.

Visite de l'atelier de Lascaux IV

L’atelier de Lascaux IV se visite avec une tablette qui nous donne de brèves explications.

Lascaux IV est souvent critiqué et certains lui préfèrent Lascaux II. Il met en avant l’innovation technologique au service de la muséographie mais l’argument peine à convaincre une partie des visiteurs. À vrai dire, nous n’avons pas été ébahis par le dispositif mis en place. Voici selon nous les points forts et les points faibles de Lascaux IV

  • La reproduction quasi intégrale de la grotte originale.
  • La possibilité d’observer et photographier les peintures dans « l’atelier ».
  • L’originalité technologique de la muséographie.
  • Un billet d’entrée à 20€/ pers.
  • Une visite guidée de la grotte d’une durée de 30 min et des explications insuffisantes.
  • Une technologie ludique mais qui interfère avec l’expérience immersive.

Jour 3 : Voyager dans le temps en suivant la Vézère

La vallée de la Vézère est habitée par l’homme depuis la préhistoire. Ses falaises ont abrité de nombreux sites préhistoriques auxquels ont succédé des constructions troglodytiques.

Saint-Léon-sur-Vézère : un village périgourdin accueillant

Pendant notre séjour dans le Périgord noir, nous avons passé deux nuits à Saint-Léon-sur-Vézère. On y trouve une aire pour camping-cars à l’entrée du village. Elle est située au bord de la Vézère, en face du camping municipal. En hiver, le stationnement est gratuit mais en revanche la station de vidange et de remplissage des cuves est coupée.

À deux pas de l’aire, vous trouverez le point de rassemblement des poubelles. Vous n’avez donc aucune excuse : respectez le lieu et ne laissez rien traîner derrière vous ! On peut aussi remercier la commune d’avoir mis des toilettes gratuites et des douches payantes à disposition des visiteurs. Vous aurez également accès à des éviers pour faire votre vaisselle ou remplir vos gourdes avant de partir explorer les alentours.

La Roque Saint-Christophe : une cité troglodytique

La Roque Saint-Christophe

La Roque Saint-Christophe est une cité troglodytique qui s’étendait au moyen âge sur 1 Km et 5 niveaux.

La Roque Saint-Christophe est le plus grand site troglodytique d’Europe. La rivière a creusé des abris naturels dans la roche calcaire de la falaise. Des terrasses s’étalent ainsi sur cinq niveaux et une longueur d’1 km.

L’homme s’y est installé il y a environ 55 000 ans. Mais le site a été transformé pour devenir un véritable fort médiéval. Maisons, commerces, église trouvèrent leur place et la vie s’organisa ainsi jusqu’à la Renaissance. Aujourd’hui, des aménagements font revivre l’âme de ce lieu insolite.

La maison forte de Reignac

La maison forte de Reignac est le dernier exemple de château-falaise encore intact. Sa construction a commencé au XIVième siècle et a duré jusqu’à la Renaissance.

On peut le visiter mais nous n’en avons pas eu le temps. Nous nous sommes donc contentés de nous arrêter sur son parking au bord de la Vézère pour déjeuner.

Le musée national de la préhistoire

Mammouth

On se sent soudainement tout petit…

Notre voyage en Périgord noir s’est achevé aux Eyzies où nous avons visité le musée national de la préhistoire.

On y découvre une riche collection d’objets préhistoriques, qu’ils soient utilitaires ou décoratifs. L’accumulation donne parfois le vertige et on ne sait pas toujours à quoi s’intéresser en particulier. Cependant, des explications sont données et permettent aux profanes d’acquérir quelques connaissances.

Le musée ne se contente pas de mettre en avant le patrimoine local. Il s’intéresse à l’histoire internationale de l’humanité et tient compte des découvertes archéologiques récentes.

On en parle dans les commentaires ?

Quels sont tes incontournables dans le Périgord noir ? Si tu as visité Lascaux IV, dis-nous ce que tu en as pensé...

Abonne-toi à la

NEWSLETTER

Mathieu et Samuel

Auteur Mathieu et Samuel

Nous sommes un couple gay, fusionnel, uni par l’amour, par notre goût pour la culture et par nos indignations communes. Libertaires et écologistes, nous sommes attachés à défendre un monde plus juste, plus humain et plus respectueux du vivant. Notre nouveau défi : devenir digital nomads et parcourir les routes d’Europe en van aménagé !

Tous les articles de Mathieu et Samuel

Laisse un commentaire